Une répartition de l’activité économique singulière par rapport au reste de la France

Un tertiaire marchand et non marchand encore en retrait

Depuis 2000, la Bourgogne-Franche-Comté est la région où l’emploi tertiaire a le moins progressé en France. Cela s’explique notamment par une démographie peu dynamique et par la proximité de trois métropoles : Paris, Lyon, Strasbourg.
Le tertiaire marchand (commerce, transports, services divers) représente 38,8 % de l’emploi total, soit 426 700 postes, et contribue à la valeur ajoutée régionale à hauteur de 45,5 %.

De son côté, le tertiaire non marchand (administration publique, enseignement, santé, action sociale) regroupe 32,9 % de l’emploi total, soit 357 200 emplois, dont 236 150 personnes dans la fonction publique (22 % de l’emploi total).

Une industrie de pointe, une sylviculture à fort potentiel, un secteur de la construction à la peine

L’industrie : motrice de l’innovation et des exportations

L’industrie représente 17,3 % de l’emploi total, soit 1 70 390 postes, avec une répartition variable selon les départements : 21,6 % dans le Jura, 21,1 % dans le Doubs, 19,9 % en Haute-Saône, 18 % en Saône-et-Loire, 17 % dans l’Yonne, 13,9 % dans la Nièvre et 13,4 % en Côte-d’Or. Ainsi, l’industrie contribue à la valeur ajoutée régionale à hauteur de 18,5 % (4 points de plus que la moyenne). Depuis 2007, elle a néanmoins perdu plus de 37 000 emplois.

Quatre secteurs concentrent près de 60 % des emplois industriels :

  • métallurgie et fabrications de produits métalliques (19 %, 33 930 emplois) ;
  • fabrication de matériel de transports (15 %, 25 820 emplois) ;
  • agroalimentaire (14 %, 21 540 emplois) ;
  • fabrication de produits en caoutchouc (10 %, 18 650 emplois).

Outre sa part décisive dans les exportations régionales, l’industrie en Bourgogne-Franche-Comté supporte aussi l’essentiel de l’effort d’innovation, soit 78 % des dépenses de recherche et développement (R&D).

Autres forces caractéristiques de l’emploi industriel ? Il est souvent plus qualifié, et son effet multiplicateur sur les autres emplois s’avère supérieur, générant jusqu’à 3 ou 4 emplois hors industrie.

La sylviculture

La forêt constitue une ressource importante avec un réel potentiel de développement. La région dispose, en effet, de 1,75 million d’hectares, dont 40 % de forêts publiques (26 % en moyenne en France), et comprend trois grands massifs (Jura, Morvan, Vosges). Néanmoins, d’un accès parfois difficile, et du fait d’un morcellement important de la forêt privée, la forêt est sous-exploitée par les 6 000 établissements recensés, alors que le bois reste une ressource abondante et valorisable. La récolte commercialisée de bois place la région au 4e rang national. S’agissant de la récolte de bois énergie, elle progresse d’année en année.

Le BTP se redresse après une passe difficile

Le BTP (6,9 % de l’emploi total, plus de 50 225 emplois) a enregistré une passe difficile, entre autres due à la baisse des investissements publics. On observe, néanmoins, une augmentation très significative du nombre de lancements de chantiers (construction de logements neufs), avec un bond de + 8,2 % entre mai 2015 et mai 2016, une hausse beaucoup plus élevée que la moyenne observée en France métropolitaine (+ 3,4 %).

Une agriculture à haute valeur ajoutée

L’agriculture, quant à elle, occupe 4,1 % de l’emploi total, soit 43 000 emplois. Avec une production valorisée à l’export et positionnée sur des filières d’excellence (vins, fromages d’appellation, broutards charolais et volailles de Bresse), la contribution de l’agriculture à la valeur ajoutée régionale s’élève à 4 % (2 points de plus que la moyenne nationale).

Quatre grandes orientations économiques dominent : l’élevage bovin laitier à l’est, l’élevage allaitant au sud-ouest, les grandes cultures au nord et la viticulture sur des secteurs plus localisés. Trois départements se situent au-dessus de la moyenne régionale en termes de poids de l’emploi agricole : la Nièvre (6,4 %), l’Yonne (5,7 %) et la Saône-et-Loire (5,5 %).

L’agriculture biologique continue, par ailleurs, sa progression, avec une hausse du nombre d’exploitations de 9,3 % (1 470 exploitations certifiées AB) entre 2011 et 2014. Elle couvre aujourd’hui 3,5 % de la surface agricole utile, avec 86 000 hectares, et place la Bourgogne-Franche-Comté au 8e rang des régions françaises en la matière.

Sur le plan météorologique, en 2015, l’ensoleillement et les températures souvent supérieures aux normales saisonnières ont profité aux productions viticoles et aux cultures d’hiver. En termes économiques, cette année reste cependant, marquée par un très fort recul des prix agricoles (grandes cultures céréalières, marché de la viande), même si le prix du lait (480 €/1 000 litres) destiné aux fromages AOP échappe à cette baisse. Par ailleurs, les intempéries violentes du printemps 2016 ont endommagé les cultures et mis en péril les récoltes, notamment viticoles. Ces facteurs conjugués ont déstabilisé le secteur agricole.

La Bourgogne-Franche-Comté : une tête chercheuse, forte de sa matière grise

La Bourgogne-Franche-Comté s’appuie sur un potentiel d’innovation porté par les activités de recherche et développement (R&D). Ses domaines de prédilection ? L’automobile, les biens d’équipement, l’agroalimentaire, les microtechniques et le nucléaire.

Avec 1,29 milliard d’euros investis dans la R&D, soit 1,8 % du PIB régional, la région se classe au 6e rang des régions métropolitaines pour son effort en la matière. Quatre aires urbaines concentrent les deux tiers des dépenses, portées essentiellement par le secteur privé : Dijon (22 %), Montbéliard (18 %), Besançon (11 %) et Belfort (11 %).

Cinq pôles de compétitivité (Microtechniques, Nucléaire, Plasturgie, Véhicule du futur, Vitagora) maillent par ailleurs le tissu entre entreprises et recherche. En termes d’effectifs, la R&D mobilise plus de 12 000 chercheurs, ingénieurs et techniciens.

Une région labellisée « French Tech »

Depuis juillet 2016, la région Bourgogne-Franche-Comté a rejoint la « French Tech ». Constitué en 2013, ce réseau vise à renforcer la lisibilité et la cohérence des actions publiques en faveur des start-ups. Il regroupe tous ceux qui travaillent dans ou pour la croissance et le rayonnement des start-ups tricolores, en France comme à l’étranger. Entrepreneurs, investisseurs, ingénieurs, designers, développeurs, associations, opérateurs publics, instituts de recherche, médias : tous concourent à enrichir le développement de ce secteur crucial de la nouvelle économie.

Pour la région, c’est la reconnaissance du savoir-faire de ses entreprises et de ses start-ups innovantes. Cette labellisation récompense la collaboration fructueuse des acteurs régionaux autour de trois pôles d’excellence (la santé, le numérique et l’alimentaire) répartis sur le territoire :

  • Besançon et son écosystème autour de la médecine du futur intègrent le réseau thématique HealthTech (santé, médecine, bien-être, dispositifs médicaux, biotechnologies, économie au service des personnes âgées) ;
  • Chalon-sur-Saône et son écosystème s’articulent autour de l’usine du futur, et notamment de la maquette numérique ; ils rejoignent le réseau IoT et Manufacturing (Internet des objets, objets connectés, impression 3D, robots et drones) ;
  • Dijon et son écosystème, avec notamment le pôle de compétitivité Vitagora, participent au réseau FoodTech (agriculture, agroalimentaire, agronomie, alimentation et restauration).

Tourisme : un potentiel qui reste encore à exploiter

En Bourgogne-Franche-Comté, 42 100 emplois (3,8 % de l’emploi total) sont directement liés à la présence des touristes. Avec seulement 756 000 lits, dont 172 000 marchands (hôtels, campings, résidences secondaires), la région est l’une des régions les moins denses de France métropolitaine en termes de capacité d’accueil.

Si les hôtels se concentrent dans les grandes agglomérations, les hébergements de luxe sont sous-représentés : seul un hôtel sur dix est classé 4 ou 5 étoiles en Bourgogne-Franche-Comté, alors que leur part est deux fois plus élevée en moyenne en France. Toutefois, la clientèle étrangère représente 30 % des nuitées, soit l’un des taux les plus élevés de France métropolitaine. La clientèle européenne reste majoritaire (Pays-Bas, Allemagne, Belgique, Suisse, Royaume-Uni) dans les hôtels et campings de la région.

Une hausse confirmée de la fréquentation touristique en 2016

Sur le premier semestre 2016, la fréquentation hôtelière dans la région est en très légère augmentation (+ 0,9 % de nuitées soit + 29 700 nuitées), par rapport à la même période en 2015. La durée moyenne de séjour (1,4 nuit) est également en progression. Si les clientèles lointaines (Etats-Unis, Chine, Japon) reculent, la majorité des clientèles européennes augmente. On observe, notamment, une croissance significative des nuitées en provenance de la Suisse (+ 8 %), de la Belgique (+ 7,5 %) et des Pays-Bas (+ 4 %). Sans oublier la clientèle française, en hausse de 2,6 % (+ 61 000 nuitées).

Les deux destinations « Bourgogne » et « Montagnes du Jura » enregistrent une légère augmentation des nuitées totales, avec respectivement + 1,4 % (+ 33 000 nuitées) et + 0,6 % (+ 4 000 nuitées).

A la mi-août 2016, 62 % des prestataires interrogés estiment que, depuis le début de la saison, leur activité a été plutôt bonne, voire très bonne.

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